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Agnès Bihl dans son Olympia de poche aixois

Agnès Bihl Aix Captures Chaïne web

Agnès Bihl Aix Captures Chaîne web

1er mars 2025, Le Petit-Duc à Aix-en-Provence,

C’est elle qui nous le dit, elle revient de loin. Agnès Bihl est de retour au Petit Duc cinq ans après ce passage pour son album « Il était une femme », et 10 ans après les attentats de novembre 2015, où elle fit front contre la peur. Un engagement qui ne renonce pas pour cette jolie femme blonde pas très grande, toujours si mince, avec un cerveau musclé et des appâts féminins. On l’a vue accompagnée par le piano de Giovanni Mirabassi, puis Dorothée Daniel. C’est ici avec Clémence Monnier, la sur numéraire si essentielle du Trio des Goguettes (mais à QUATRE !) – qui a créé tous les arrangements de son dernier album piano-voix, 25 ans de la vie d’une femme - qu’elle fait désormais la paire, le miroir.

Agnès Bihl fait partie de ces artistes qui ont un répertoire : les chansons de ses débuts tiennent toujours la route, prennent même une actualité brûlante. Si certains ont pu la juger caricaturalement pessimiste, on voit maintenant qu’elle ne disait que la vérité, avec sa franchise et ses mots aussi percutants, parfois crus, que poétiques.

BIHL Agnès Clémence Monnier _20250301_capt806490x314Ici c’est surtout confession intime qui nous est adressée. Toutes les étapes, tous les soucis aussi de la vie d’une femme, ou d’un homme qui est une femme comme les autres. Qui n’a pas honte d’afficher ses désillusions, parodiant Barbara, « Dis, c’est quoi ce plan cul » avec un amant dont on peut vraiment dire qu’il n’est pas à la hauteur. Féministe, humaniste et féminine, elle n’a toujours pas assez de 36 heures par jour pour courir après cette perfection qu’elle récuse, mais qu’on devine lui tenir lieu d’ambition : « Ni parfaite, ni refaite (…) Alors je fais bonne figure / Dans ma résilience secondaire ». Tout l’art du mot pour exprimer ses émotions qu’on lui sent remonter comme sa soif de champagne : de vie, tout simplement.

BIHL Agnès Clémence Monnier_20250301_capt024.490x320Tous les rôles féminins, la fille aimante, reconnaissante, qui sait voir la vraie beauté : La plus belle c’est ma mère. La mère du nouveau-né qui n’en peut plus d’insomnie, La complainte de la mère parfaite, quand ce ne sont pas les pères qui s’y mettent. Chacune trouve sa berceuse « Dodo, l’enfant do, sinon je te déshérite… ». Celle de l’adolescente, à l’écoute de sa fille, 13 ans. La femme engagée, enragée, d’Il était une femme. Chantée en retenue vibrante, chœur à bouche fermée avec Clémence : « Elles n’avaient qu’à pas s’ faire violer ». Dans le jeu des passions qui se croisent, elle fait son mea culpa ou se prête à toutes les concessions,  Je pleure, tu pleures, il pleut : « C’est toi le premier homme du reste de ma vie », et peut même jouer la confidente sur laquelle on se repose : Pleure pas, Casanova, même si le susdit vous a fait pleurer, avec un petit sentiment de vengeance bien méritée. Il pleut souvent des larmes, mais aussi des éclats de rire, ou même des coups « Je l’ai bio-dégradé » chez Agnès. Parce qu’à force de jouer les back-street ou les délaissées, sa jalousie dévorante s’exorcise en fantasme pantagruélique, truffé de jeux de mots : « Car même vos abats furent un petit miracle / Tout comme vos nougats, et votre raie aux câpres ».

Signe(s) particulier(s) : écriture alerte,
sourire mutin, humour polisson, désespoir joyeux et jambe tonique. Génératrice d’émotion. Agnès Bihl défie le temps cet assassin. « J’ai pas l’temps d’avoir 50 ans »Un temps qui lui permet de faire mûrir ses chansons, de les revisiter, enrichie de son vécu, car on ne chante pas Jamais ou Véro « Allez vis ta vie, va, va, va » à 50 ans comme à 30…

 Le site d’Agnès Bihl, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’elle, c’est là. Agnès Bihl est en tournée de concerts, Quimper, Lyon… du 17 au 26 juillet 2025 au Festival Off d’Avignon à l’Arrache-Cœur avec Marion Vincent-Royol, puis le 27 à Barjac m’enchante.

Clémence Monnier sera également présente tout le mois au Off d’Avignon 2025 aux Lucioles au sein des Goguettes.

NB – Agnès a présenté le Petit-Duc comme un Olympia de poche, d’où le titre de l’article.

 

« Signe particulier », Studio Ferber 2021 Image de prévisualisation YouTube
« La plus belle c’est ma mère » Ferme théâtre 2016, J-Cl Doussart Image de prévisualisation YouTube
« Il était une femme », Studio Ferber 2020 Image de prévisualisation YouTube

 

 

 

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